ATELIER THIOLLIERE Restauration et Conservation de Livres,
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Nature de quelques matériaux libraires et problèmes de conservation

 

Le papier

Le papier est principalement constitué de fibres cellulosiques qui sont obtenues soit directement dans le cas du papier japon à partir de fibres de kozo, gampi, mitsumata soit indirectement dans le cas du papier chiffon traditionnel à partir de tissus usagés de lin, chanvre, ou coton. Depuis le début du 19° siècle, le bois est la principale origine des fibres cellulosiques du papier.

Papier vergé du 18° siècle

Papier vergé du 18° siècle

En plus des fibres cellulosiques, le papier peut contenir certains des produits suivants :
des agents de collage;
Leur rôle est de corriger le caractère hydrophile du papier afin de permettre l'écriture ou l'impression ;
le papier buvard est un exemple de papier non encollé.
Les agents de collage peuvent être à base de :
-colles d'amidon (farine cuite)
-de colles animales (gélatine)
-de colophane (résine extraite des conifères)

-de polymères artificiels ou synthétiques.

Des charges et des substances de couchage
Les charges augmentent l'opacité et la blancheur du papier et permettent d'obtenir un papier très lisse.
Les charges sont incorporées à la pâte à papier lors de la fabrication.
Les substances de couchage , dont le rôle est similaire à celui des charges , sont appliquées en surface , après fabrication du papier.

Des colorants.

Les mécanismes de dégradation du papier sont très complexes.
Leur origine peut être interne :
ainsi le papier à base de bois peut contenir de la lignine qui est sensible à la lumière et jaunit (exemple du papier journal).
De même, les agents de collage à base de colophane, très acides, sont responsable de la perte de résistance mécanique du papier lors du vieillissement.

Mais elle peut être externe :
Citons la pollution atmosphérique, l'oxydation due à l'oxygène de l'air, l'altération photochimique (action de la lumière), une humidité relative trop basse, trop élevée ou fluctuante, la présence d’agents biologiques (moisissures, bactéries, insectes) ou de vertébrés nuisibles (rongeurs, oiseaux)
Citons également les mauvaises conditions de stockage, les manipulations maladroites, le vol, le vandalisme, les sinistres naturels ou artificiels.
Le maintien de bonnes conditions de température, d'hygrométrie et d'éclairage est un facteur important de ralentissement des mécanismes de dégradation du papier.

Le carton

Le carton peut être obtenu par le collage de plusieurs feuilles de papier entre elles (carton feuilleté) ou par fabrication à partir d'une sorte de pâte à papier (carton d'un seul jet). Les mécanismes de dégradation sont proches de ceux du papier.

On peut ajouter que des conditions d’hygrométrie fluctuantes ou extrêmes peuvent en outre provoquer une déstructuration du carton laminé.

Cuir et parchemin

Le matériaux de base pour la fabrication du cuir ou de parchemin est la peau animale , constituée principalement de fibres de collagène. Vache , chèvre , mouton sont les espèces les plus employées.
Les différences entre cuir et parchemin proviennent des modes de traitement de la peau brute.
Le cuir
Le tannage a pour but de transformer la peau brute en un matériau imputrescible , souple , résistant , et relativement insensible à l'humidité.

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En vieillissant, les cuirs se dessèchent, perdent leur élasticité et deviennent cassants. Des craquelures apparaissent en surface, ce qui peut provoquer par exemple la détérioration du décor doré d’une reliure. Les cuirs de mouton, qui ont une structure lamellaire, ont tendance à se desquamer. Sous l’influence de certains polluants atmosphériques soufrés issus des charbons employés pour le chauffage, le cuir de nombreuses reliures conservées dans des bibliothèques de grandes villes industrielles a subi une très grave altération connue sous l’appellation de « red roting » ou pourriture rouge.

Le parchemin

L'élaboration du parchemin comporte des opérations de ponçage et de séchage sous tension qui lui donnent des propriétés adaptées à l'écriture , en particulier une faible élasticité , une faible épaisseur et une surface lisse.

Les dimensions d'un feuillet de parchemin peuvent fortement varier en fonction des conditions hygrométriques. Ces variations de dimensions peuvent donc entraîner le décollement d’encres au carbone ou des craquellements au sein de la couche picturale d'une enluminure en raison de forces de cisaillement qui apparaissent à l’interface support – tracés.

Encres noires anciennes

Pendant longtemps la fabrication de l'encre manuscrite a obéi a des recettes empiriques que l'on se transmettait de génération en génération.
On distingue :
-les encres manuscrites
-les encres d'imprimerie

Les encres manuscrites sont principalement de trois types:
-Les encres au carbone formées d'un mélange de noir de fumée et d'un liant à base de miel , colle de peau ou mucilage végétal. Ces encres restent relativement en surface ; elles sont sensibles à l’abrasion et aux variations dimensionnelles du support.
-Les encres métallo-galliques qui utilisent la réaction colorée d'un tanin sur un sel métallique. La source de tannin était souvent la noix de galle du chêne, excroissance produite par des piqûres d'insectes parasites. Ces encres peuvent comporter un liant qui peut être à base de résine d'acacia (gomme arabique). Un écrit réalisé avec une encre ferrogallique ne devient vraiment sombre qu’après quelques heures, à l’issue d’une réaction d’oxydation avec l’oxygène de l’air. Les encres métallo galliques sont très solidement fixées au support d’écriture.
Dans un environnement humide, le sulfate de fer contenu dans une encre ferro-gallique peut se transformer en acide sulfurique qui attaque le papier ; dans les cas les plus sévères , des trous remplacent les zones manuscrites.
Le traitement des encres corrosives métallo-galliques
Une équipe de chercheur au sein de l’Institut de Conservation des Pays Bas a mis au point un traitement des documents dégradés par les encres ferro galliques dont le principe actif est une solution de phytate de calcium. Ce traitement, qui s’achève par une désacidification du papier présente néanmoins de nombreuses contre indications.

-les encres mixtes obtenues par combinaison des deux précédentes.
Les encres d'imprimerie anciennes sont un mélange de noir de fumée et d'huile de lin bouillie ; Elles sont en général très stables et leur bonne conservation dépend surtout de la résistance de leur support, qui est le plus souvent du papier.

Le bois

Les couvertures des reliures antérieures au XVI°siècle étaient souvent réalisées à partir de planches de bois : les ais. L'essence la plus employée était le chêne.
Le bois est un matériau hygroscopique, en recherche permanente d’équilibre avec son environnement, et anisotrope, c’est à dire qu’il ne présente pas les mêmes caractéristiques dans les trois directions de l’espace.
Les fortes variations de température et d'hygrométrie déforment le bois. L'ais peut se déformer se fendre ou même se rompre.

 

Fils et ficelles

La couture des cahiers du livre était faite avec du fil de lin et des ficelles de chanvre . Les broderies et les tranchefiles pouvaient être en soie. Les fibres textiles sont très sensibles à la lumière. La soie, fibre naturelle d’origine animale, est particulièrement sensible aux réactions photochimiques. De nombreuses reliures modernes sont toujours habillées de toile de lin ou de coton.

 

Or

L'or , battu en feuilles très minces par le batteur d'or , était utilisé pour la réalisation de certaines enluminures, pour la décoration dorée des reliures en cuir, ainsi que pour la dorure des tranches du livre.
Le blanc d’œuf a été pendant des siècles le principal agent de collage de l'or pour les opérations de dorure .

 

L’or est pratiquement inaltérable, mais sa tenue peut être compromise en raison de la dégradation du matériau support ou d’une dégradation de l’apprêt de liaison, par exemple à l’occasion d’une inondation.
Une grande variation dimensionnelle du support en raison de contraintes mécaniques (pliage, frottement) ou climatiques peut entraîner des craquelures puis un écaillage.

Colles anciennes

On distingue trois types principaux de colle anciennes :

Les colles de farine ou d'amidon. Elles sont obtenues par cuisson d'un mélange de farine ou d'amidon et d'eau.
Les colles de farine ou d'amidon ont une prise lente.
En reliure, elles sont utilisées pour le collage du cuir et des pages de gardes.

Les colles animales. Elles sont obtenues par cuisson prolongée dans l'eau de différentes parties animales : os , peau de lapin , déchets de poissons...
Les colles animales s'utilisent à chaud , au bain-marie. Ce sont des colles à prise rapide et fortement adhésives. Lors de la confection de la reliure elles sont utilisées pour le collage des cahiers du livre après la couture , ainsi que pour la fixation de certaines pièces de renfort en parchemin (les claies ou les charnières).

Les colles mucilagineuses. Elles proviennent de la sève de certains arbres ou de sécrétions d'arbres fruitiers. Ainsi la gomme arabique , extraite de la sève de l'acacia , était à la base du gommage à humecter des timbres-poste ou de la fermeture des enveloppes.

 

Ces trois types de colles étaient parfois mélangées ; d’autre part, on pouvait y mêler certains additifs, pour en améliorer par exemple la durée de conservation.
Les colles anciennes sont très sensibles aux variations d’hygrométrie. 
Les colles animales peuvent devenir rigides, ce qui peut provoquer des cassures du matériau collé. Dans certaines conditions d’hygrométrie, elles sont sujettes aux attaques de microorganismes.
Certains insectes (par exemple le lépisme ou poisson d'argent) se nourrissent des colles animales ou végétales employées dans la confection d’une reliure ou pour l’encollage du papier.

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